Créer une société de livraison
sous-traitante : le guide complet
Statut juridique, licence de transport, capital, assurances, premiers clients — voici les étapes concrètes dans l'ordre, sans raccourcis.
À qui s'adresse ce guide ? Aux personnes souhaitant créer une société pour réaliser des tournées de livraison pour le compte d'un transporteur (DPD, GLS, FedEx, Chronopost, DHL). Pas à ceux qui créent leur propre réseau de livraison.
Pourquoi la sous-traitance logistique est une opportunité en 2026
Le marché de la livraison du dernier kilomètre en France représente plus de 3 milliards de colis livrés par an. La croissance du e-commerce contraint les grands transporteurs à externaliser une part croissante de leurs tournées. Les sous-traitants fiables manquent partout, notamment en zones périurbaines et rurales.
Un sous-traitant qui démarre avec 2 ou 3 chauffeurs et qui livre bien peut espérer décrocher des tournées fixes en moins de 6 mois. La barrière à l'entrée est réelle — licence, assurances, crédibilité — mais pas insurmontable avec une préparation sérieuse.
Étape 1 — Choisir le bon statut juridique
C'est la décision la plus structurante. Elle impacte votre fiscalité, votre protection sociale, votre crédibilité auprès des donneurs d'ordre et votre capacité à embaucher.
La SASU — idéale si vous démarrez seul avec ambition
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est le statut le plus répandu chez les nouveaux sous-traitants logistiques. Vous êtes assimilé-salarié, ce qui vous donne accès aux IJSS (indemnités journalières) en cas d'arrêt maladie. Le capital peut être fixé à 1€ légalement, mais un capital de 1 000 à 5 000€ est recommandé pour crédibiliser votre dossier. Frais de création : environ 200 à 350€ via le guichet unique.
La SARL — idéale à plusieurs associés
Si vous créez la société avec un associé, la SARL est plus lisible. Le gérant majoritaire relève du régime TNS (Travailleur Non Salarié), avec des cotisations sociales plus basses mais une protection moindre. Les banques et donneurs d'ordre connaissent bien ce statut. Attention : les statuts doivent clairement définir la répartition des parts et les règles de prise de décision.
L'auto-entreprise — à éviter pour la logistique
Le plafond de CA à 188 700€ (2024) est vite atteint avec 2 ou 3 chauffeurs. Vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles (carburant, entretien, assurances) — seulement un abattement forfaitaire. Et surtout : de nombreux donneurs d'ordre refusent de travailler avec des auto-entrepreneurs, jugeant le statut peu sérieux pour une activité de transport.
Étape 2 — Obtenir la licence de transport
C'est l'obligation légale la plus spécifique au transport. Pour exercer une activité de transport routier de marchandises à titre onéreux, votre société doit être titulaire d'une licence de transport intérieur délivrée par la DREAL (Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement).
Délai moyen : comptez 4 à 8 semaines pour l'obtention de la licence après dépôt d'un dossier complet. Ne démarrez pas vos démarches commerciales avant d'avoir la licence ou au moins un avis favorable.
Pour obtenir cette licence, vous devez justifier d'une capacité professionnelle. Deux options : passer l'examen de gestionnaire de transport (organisé par les CCI), ou recruter un gestionnaire de transport certifié dans votre société. Le passage de l'examen coûte environ 300 à 500€ selon les organismes.
Étape 3 — Les assurances obligatoires
Couvre les dommages causés à des tiers dans le cadre de votre activité. Montant minimum souvent exigé par les donneurs d'ordre : 1,5 à 2 millions d'euros. Budget : 800 à 2 000€/an selon la taille.
Couvre les pertes, vols et dommages aux colis en votre possession. Le montant de garantie doit couvrir la valeur maximale des marchandises que vous transportez en une tournée. Budget : 400 à 1 200€/an.
Obligatoire pour tout véhicule professionnel. Une assurance flotte couvrant l'ensemble de vos véhicules sous un seul contrat est plus économique que des contrats individuels. Budget : 1 500 à 4 000€/an pour 2-3 véhicules.
Étape 4 — Structurer la gestion opérationnelle dès le départ
C'est l'erreur la plus fréquente des nouveaux sous-traitants : ignorer la gestion administrative jusqu'à ce qu'elle devienne un problème. Avec 2 chauffeurs, quelques messages WhatsApp peuvent suffire. Avec 5 ou 10, c'est ingérable.
Dès le premier chauffeur, vous avez besoin de :
• Un système de saisie des données de tournée (points livrés, km, retours)
• Un historique horodaté pour justifier vos factures et vous protéger en cas de litige
• Un export structuré pour préparer la facturation mensuelle
FinDeTournée a été conçu exactement pour ça. Vos chauffeurs saisissent leur tournée depuis leur téléphone en 2 minutes, sans application à installer. Vous avez les données en temps réel et exportez en Excel en 30 secondes.
Étape 5 — Trouver les premiers contrats
La plupart des sous-traitants démarrent par le réseau direct : contact dans la logistique, connaissance déjà sous-traitante, démarchage des dépôts locaux. DPD et GLS sont généralement les plus accessibles pour les nouveaux entrants.
Préparez un dossier complet : Kbis, licence de transport, attestations d'assurance, liste des véhicules et chauffeurs. Les responsables d'exploitation qui reçoivent un dossier complet dans l'heure de leur demande sont largement plus favorablement impressionnés que ceux qui attendent une semaine.
Questions fréquentes
Non, pas obligatoirement au départ. Certains sous-traitants démarrent avec des chauffeurs qui utilisent leurs propres véhicules sous contrat de prestation. Cependant, les donneurs d'ordre préfèrent les sous-traitants disposant d'une flotte propre pour les contrats importants, car cela garantit une meilleure continuité de service.
Comptez entre 800€ et 2 500€ pour les frais de création (immatriculation 200-350€, assurances initiales 300-500€, compte bancaire professionnel 0-150€, éventuellement frais de gestionnaire de transport). Hors achat ou location de véhicules, qui représente le poste le plus variable selon votre modèle.
En moyenne 3 à 6 mois entre le début des démarches et les premières tournées facturées. Ce délai inclut la création de la société, l'obtention de la licence, la recherche de contrats et la période probatoire souvent imposée par les donneurs d'ordre.
Oui, la licence de transport intérieur est obligatoire dès que vous effectuez du transport routier de marchandises à titre onéreux pour le compte d'autrui, même en sous-traitance. Exercer sans licence expose à des sanctions pénales et administratives.
Oui, c'est le modèle le plus courant au démarrage. Le gérant-chauffeur réduit les coûts fixes tout en assurant la supervision directe des opérations. Attention cependant : en SASU, vous êtes assimilé-salarié et devez vous verser une rémunération soumise à charges sociales, même si vous êtes aussi sur la route.
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